Si Loin Si Proche- Théâtre 11 Gilgamesh Belleville (Off 2018)

En une journée de festival, j’aurais vu deux spectacles à l’univers assez semblable, deux traitements du même rêve, celui du « retour au bled ». A la différence de « Vertiges » (vu au Théâtre des Halles), « Si loin si proche » aborde cette question par la chanson et le conte épique.

Nous sommes dans les années 80, de nombreux immigrés maghrébins rêvent de rentrer et de construire leur maison au pays. Sur scène, Abdelwaheb Sefsaf est la voix de l’une de ces familles. Tel un conteur, il nous égrène son histoire avec humour. Le « road trip » en estafette parle d’identité trouble, de famille, d’altérité, de rêve. Le récit est appuyé par de nombreuses chansons qu’interprète l’acteur, accompagné de deux formidables musiciens (Georges Baux et Nestor Kéa). L’histoire se déroule ainsi entre récit et chansons, en créant des images sonores au-dessus des mots et les trois artistes paraissent habités par la musique qu’ils créent.

A la fin du spectacle « si loin si proche », le doute plane encore : le rêve de retour est-il un mythe ? Est-il seulement envisageable ou l’avenir se fait-il ailleurs, sur la terre d’accueil et de naissance des enfants d’immigrés, la France?  La question reste ouverte. Quoi qu’il en soit, « si loin si proche » est un spectacle plein de tendresse et de sincérité dans ce qu’il cherche à raconter.

Cela fait, du bien, de temps en temps de se laisser bercer par des histoires de périples et de voyager sur les sons d’une langue inconnue. Cela prouve aussi qu’il est des sujets importants dont on peut parler avec douceur. Un moment aussi agréable qu’imprévisible !

 

crédit photo: Renaud Vezin

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