88 fois l’infini – Théâtre des Bouffes Parisiens

Rien de neuf sous le soleil !

Mais quelle nouveauté Niels Arestup pourra-t-il encore nous proposer ? Ne serait-il pas tant pour lui de rejouer autre chose que des textes d’ Isabelle Le Nouvel ?…

Sur scène, les deux têtes d’affiche François Berléand et Niels Arestup campent deux demi-frères. Deux fils nés du même père, l’un ayant souffert de son absence et l’autre de sa présence. Voilà donc sur quoi toute l’intrigue de ce huis-clos d’1h40 repose : le déséquilibre crée par l’absence d’un père (une histoire vieille comme le monde…).

Des années après, alors qu’Andrew le fils ayant grandi sans père est devenu un pianiste et compositeur mondialement reconnu et est parti avec Hélène la femme de son frère artisan-relieur, ce même frère Philippe apparait un soir une valise à la main. Il veut parler du vieux, taper dans la fourmilière de leurs souvenirs et prendre des nouvelles de son frère prodige qui ne joue plus, ne compose plus, se renferme.

En attendant Hélène qui doit les rejoindre, Philippe cherche ainsi à entamer la conversation avec Andrew. L’échange peine à se mettre en place. Philippe fait la conversation face à un frère tranchant, agacé dans son fauteuil, se tenant la tête dans les mains et enchainant cigarette sur cigarette. Niels Arestup aboie, bouge des pièces sur l’échiquier et dénigre son frère dans l’attente d’une Hélène (pour une fois que c’est Hélène qui se fait attendre et non l’inverse !) qui ne rentre décidément pas pour lui épargner de devoir faire la conversation. Niels Arestup joue du Niels Arestup : bougon, fermé, acariâtre et indolent. De son côté, François Berléand fait de son mieux allègre, amène et conciliant pour porter la pièce et faire basculer l’échange avec son coéquipier, le « personnage-acteur » Arestup.

Berléand joue et il joue bien mais malgré le changement d’ambiance (attendu) vers la fin, ces retrouvailles fraternelles restent stériles, cela ne prend pas car tout est trop convenu. A la limite, seule l’explication du titre de la pièce « 88 fois l’infini » produit un sens et fait son petit effet mais pour le reste, l’histoire est trop banale pour réellement produire un moment de théâtre notable ou de l’émotion.

Malgré les têtes d’affiche, rien de palpitant ni dans le texte ni dans la mise en scène.

Vu le prix, passez votre chemin ! On a quand même vu mieux récemment dans le théâtre privé.

crédit photo : Céline Nieszawer.

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