La loi des Prodiges- Théâtre du Petit Saint-Martin

Quelle vertigineuse histoire, quel tourbillon d’artiste !

Dans « La loi des Prodiges », François de Bauer est tout simplement brillant. Mille voix, mille compositions animent l’acteur qui nous raconte la bien étrange histoire de Rémi Goutard. Nous suivons depuis sa naissance jusqu’à son ascension politique cet homme détestant l’art et voulant supprimer les artistes.

Considérant les artistes comme marginaux Rémi Goutard s’est en effet convaincu de les réintégrer dans la société en supprimant les aides destinées à les soutenir dans la création. Ce rôle d’un homme qui cherche à faire tomber les arts est un contre-emploi abyssal. Ce personnage nous semble fou tout en ayant à la fois quelque chose de sympathique par sa maladresse et son léger zozotement. Les autres personnages, défenseurs des arts, ne sont d’ailleurs pas toujours très sympathiques, donnant ainsi lieu à une remise en cause sous-jacente de la société. Tout paraît inversé par un jeu de miroir. Les personnages sont à la fois drôles et pathétiques. C’est étrange voire déconcertant.

Pour accompagner cet énergumène, François de Bauer incarne donc une vingtaine de personnages par de petits riens. Sans autres accessoires que trois chaises, tout est affaire de composition : une voix, un geste, une attitude suffit. Les personnages s’enchaînent à un rythme effréné par la figure d’un seul et même acteur. Rien n’est laissé au hasard.

Le tout est une performance originale truffée de mille trouvailles et sans aucune longueur. François de Bauer nous tient en haleine pendant une heure et demie et finit hors d’haleine, la chemise trempée de sueur.

Un seul en scène absolument épatant, la meilleure pièce que j’ai vu depuis longtemps.

Ca claque !

 

Crédit Photo: Victor Tonelli

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